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2007-08-03 23:05:05 : Ma 6000D - 29 juillet 2007 - 11 photos - 22 réactions

Samedi 28/07 – Veille de course

Nous avions décidé avec Olivier de mettre toutes les chances de notre côté pour notre premier ultra trail en arrivant la veille de la course et en réservant une chambre d’hôtel à Aime. Nous rejoignons notre destination vers 14H le samedi. Le temps est parfait, la montagne superbe, le personnel de l’hôtel accueillant. Malgré ce climat idéal, nos ventres sont noués et nos paroles rares. Ces pentes qui nous entourent, ces sommets qui semblent si beaux mais si loins sont aussi ceux que nous devrons gravir demain. Il n’y a plus d’échappatoire, plus d’entraînement permettant de positiver ou de dire qu’on a encore le temps de se préparer. Demain, il faudra s’élancer et faire face à ce terrain de jeu magnifique qui n’est pas du tout celui que nous pratiquons d’habitude.

Après quelques courses au village d’Aime, nous décidons de monter à Plagne Bellecôte retirer nos dossards et manger un bout. Sur place, la remise des prix du Trail des lacs (22km 1100 m +/-) prend fin. L’ambiance est décontractée, les coureurs anonymes se baladent sur les stands de course, essaient de trouver la bonne occase en repérant le matériel de trail de fin de saison soldé. Parmi les anonymes, les figures de la discipline sont là. Dawa Sherpa sert volontiers la main des coureurs qui le sollicitent et leur offre un sourire sincère. Corinne Favre retire son dossard comme Madame tout le monde et salue chaleureusement le personnel de l’organisation.

Nous occuperons notre fin d’après midi à repérer quelques passages de course afin de visualiser autant que possible les portions de course et leur profil : descente de l’arpette depuis Plagne Bellecôte, Plagne centre-Lac des Blanchets-Roche de Mio depuis Aime 2000, parcours au départ au plan d’eau de Mâcot.

Un bon repas à l’hôtel et une préparation minutieuse de notre matériel de course finiront par nous achever et nous permettre de trouver le sommeil relativement facilement.


Dimanche 29/07 – 6000D

Le réveil nous confirme à 5h00 qu’il est bel et bien l’heure de nous lever. Tant mieux, les minutes commençaient à être longues et Olivier et moi étions en fait déjà réveillés. Nous avalons un petit déjeuner classique 3h avant le départ afin d’éviter des troubles digestifs. Nous nous recouchons jusqu’à 6h15 afin de tirer un maximum de bénéfices du temps de repos qu’il nous reste.

Comme prévu la veille, la météo est au rendez-vous. La journée sera chaude mais un léger vent devrait nous permettre de ne pas trop souffrir de cette chaleur en altitude. Nous arrivons à 7h sur le lieu de départ. Il y a déjà énormément de monde sur le site, l’ambiance est à la fête.

Nous trottinons un peu histoire de dégourdir un peu les jambes et d’aller poser nos sacs. L’heure est enfin arrivée de s’élancer. Le stress va bientôt disparaître pour nous laisser à l’écoute de notre corps, pour nous laisser composer et gérer avec la forme du jour, du terrain, des aléas de course.

8h, c’est parti. Je pars avec deux objectifs :
- Finir
- Mettre moins de 6h00 si possible

J’ai décidé de prendre un départ relativement rapide sur les 3km de plat précédent les premiers mètres de D+ afin de pouvoir faire mon propre rythme dans la montée vers Aime 2000. Malgré quelques bousculades dans le premier virage, j’arrive à me caler dans un bon wagon. L’allure est assez soutenue. Nous passons aux alentours des 3km en 11’30’’. Je n’avais pas prévu de partir aussi vite. Je décide assez rapidement de calmer le jeu connaissant la richesse du menu qui nous attend par la suite. Bientôt nous quittons la route pour les premiers sentiers qui montent à Aime 2000. La pente devient très raide. Il est désormais l’heure de marcher. Nous prendrons 1400m + sur à peu près 7km soient 20% de pente moyenne ! Je suis dans un groupe assez régulier depuis 45mn. Nous passons à Aime 2000 en 1h35 de course (environ 11km – 1400+). Je suis bien dans les temps que je me suis fixé. Je sens néanmoins que cette première heure et demie de course m’a déjà bien marquée au niveau musculaire. Je profite de la descente vers Plagne centre pour me décontracter et me refaire une petite santé.

Toujours avec le même petit groupe, nous quittons Plagne Centre pour la montée vers le lac des Blanchets puis la Roche de Mio. Les pentes sont moins abruptes que sur la première partie mais rares sont les sections où nous pouvons courir de manière prolongée. Mes sensations sont bizarres. Je lâche quelques mètres à mes compagnons du jour. J’ai du mal à savoir ce qui cloche. Je ne suis pas dans le rouge au niveau du rythme, je n’ai mal nulle part mais les jambes ne répondent pas à mes attentes. Je me dis que les deux gels pris depuis le départ ne sont peut être pas suffisants. J’essaie de me forcer à prendre autre chose. Ca passe difficilement. La rampe finale vers la Roche de Mio arrive enfin. La plupart des coureurs décident de couper et de ne pas prendre les 2 lacets qui permettent d’atteindre le col. Je commence à retrouver petit à petit ma forme. J’ai peur que ce raccourci me replonge dans la difficulté. J’avale les 2 lacets en trottinant avec un plaisir retrouvé. Les spectateurs sont nombreux pour nous encourager. De surcroît, je sais qu’une descente assez roulante de 3km m’attend avant d’aborder la montée vers le Glacier. La descente se passe bien. Je discute avec un collègue de route pour qui tout semble aller comme sur des roulettes. Notre rythme est régulier et efficace. La première VF1 nous double. Impressionnant ! Suivre serait suicidaire mais ce n’est pas notre objectif ;-) Bravo Madame.

Col de La Chiaupe en 2h52 (environ 25 km – 2100m+). Je suis dans les temps prévus. J’ai perdu autour de 5mn avec mon passage à vide mais ce n’est pas bien grave. La course est encore longue et le physique semble de retour. Je décide de faire le plein de mon Camel back afin de pouvoir faire une descente du Glacier sans arrêt ni coupure de rythme.

Je commence l’ascencion du Glacier de Bellecôte d’un pas régulier. Au bout de 5mn, une crampe de déclenche sur la face interne de ma cuisse gauche. Je suis stoppé. Je ne sais trop comment étirer ce muscle. Jambe tendue je le masse pendant quelques minutes afin de pouvoir repartir. Je baisse le rythme car je sens la crampe latente sur les deux cuisses cette fois. J’essaie de minimiser l’effort autant que possible à chaque pas afin de pouvoir continuer ! Je croise les premiers dans la descente. Leur légèreté et leur style sont beaux à voir. Roudik est assez largement en tête. Suivent Aurélien Brun, Marc Maroud et Dawa Sherpa. Après un passage qui ressemble plus à de l’escalade qu’à de la marche nous arrivons au ravitaillement en eau que je pense être le haut du parcours. Je m’attends (de part mes différentes infos prises sur la course) à un passage plus ou moins plat avant de redescendre. Faux. Archi faux Yann ! Ca remonte et très fort ! Hop je chope des crampes aux mollets pour en rajouter une petite couche. Je me dis que mes espoirs de chrono sont quasiment fichus. Je vais désormais essayer de gérer mes crampes et de finir avec elles tant bien que mal. Je me lance à l’assaut du point culminant du parcours avec un léger sourire intérieur. Je vois les coureurs devant moi utiliser leurs mains pour gravir les 50 derniers mètres. Qu’est-ce que je fous là avec mes muscles tétanisés et encore 25 km à parcourir?

Point culminant 3050m en 3h46 (environ 30 km – 2700m+). Je sais désormais que les 6H sont très difficilement accrochables voire impossible avec les problèmes de crampes que je rencontre. Je m’étire une minute en me disant que c’est un investissement pour la suite de la course. Je sais que je peux faire une super descente si mes muscles m’oublient quelques heures ;-(

Je commence la descente doucement afin de familiariser mes muscles à ce nouveau profil. Je prévois d’augmenter la cadence creshendo si tout se passe bien. Je parviens pour une deuxième fois au Col de la Chiaupe en 4h03. J’essaie de voir si je ne croise pas Olivier dans la montée. J’espère que tout va bien pour lui. Je suis un peu inquiet car il n’a pas du tout l’habitude des profils escarpés. J’espère simplement qu’il ne crampe pas autant que moi et qu’il est toujours de la partie.

J’ai à nouveau de bonnes sensations. Je descends maintenant à un très bon rythme. Je reprends pas mal de coureurs. J’aperçois au loin la montée de l’arpette mais ce n’est pas pour tout de suite.

Physiquement je suis assez bien mais j’ai à nouveau des crampes (mollets et cuisses) me reprennent (trois arrêts entre Col de la Chiaupe et le Col du Carroley, 1 arrêt dans la descente de l’arpette, 1 arrêt à Plagne Bellecôte).

Plagne Bellecôte en 5h07 (environ 45 km – 3000+). C’est quasi mort pour les 6H (et oui je sais 10km en 53 mn c’est pas bien dur pourtant ;-). Malgré la fatigue je suis super heureux d’être dans un état correct et de voir l’arrivée approcher. Je décide de profiter pleinement de cette dernière heure de course et de ne plus regarder ma montre. La descente commence par un chemin forestier de 3-4 km à flanc de montagne. C’est tout sauf de la descente. Faux plat montant puis faux plat descendant, puis de courtes montées de quelques dizaines de mètres. Je croise quelqu'un en vélo en sens inverse et lui demande si le chemin qui descend est encore loin. Il me répond : « non, 1,5 km ». Mes jambes apprécient moyennement la réponse mais l’échange est cordial. C’est pas bien grave. L’arrivée est en bas de la vallée. Ca va bien finir par descendre à un moment ou un autre! Hop je bascule enfin sur la gauche dans un sentier. Pour le coup ça descend fort, très fort. Tout se passe bien. Il me reste environ 3km avant l’arrivée. Mes satanées crampes me rattrapent. Des coureurs me doublent et m’encouragent. Un s’arrête et me donne un cachet de Sportéine. Merci monsieur, je connais pas mais je prends quand même. Ca peut pas me faire de mal. Je bois un coup et c’est reparti. J’arrive enfin dans le dernier km de course. Je regagne la route. J’avais oublié ce que c’était. J’entends le speaker, je devine sur ma gauche entre les sapins l’arche d’arrivée. Elle me semble encore bien loin. Je m’arrête deux nouvelles fois pour me battre en duel avec mes mollets. Je leur demande à l’approche du plan d’eau de me laisser tranquille afin de passer cette ligne d’arrivée dignement. Mes mollets me doivent bien ça. Plus que quelques mètres. Ca y est.

Arrivée en 6h09mn15s (55km – 3000m+/3000m-). J’ai besoin d’eau et de m’asseoir quelques minutes afin de me désaltérer tranquillement. Je suis marqué mais heureux d’en avoir fini. Dawa Sherpa qui passe par là et qui me voit récupérer s’arrête et me demande si ça va. Sympa. On échange quelques mots. Je lui dis que je l’ai croisé lorsqu’il descendait le glacier et qu’il était 4ème. Je lui demande son résultat. Il me dit qu’il a gagné la course en 4h41 soient une heure et demie de moins que moi. Bravo et merci pour ces quelques mots. Rare de voir l’élite d’un sport cotoyer naturellement des amateurs en toute simplicité et sincérité.

Je vais ensuite manger un bout et me faire masser. Mes jambes sont dures, très dures. Je n’ai maintenant plus qu’une seule idée en tête : voir Olivier passer cette ligne d’arrivée. J’ai envie de le voir passer cette ligne, de le prendre dans mes bras pour le féliciter. Rien que cett image me met les larmes aux yeux. Le corps est fatigué, meurtri.

Après un bon massage je vais voir la liste des abandons. 7h30 de course sont écoulées, Olivier ne figure pas sur la liste. Les barrières horaires sont les suivantes : 8H de course à Plagne Bellecôte et 10H de course à l’arrivée. Je prévois d’appeler Olivier après la barrière des 8H s’il n’a pas franchi la ligne avant. Je ne veux pas le déranger s’il est en train de lutter avec le chrono. Vincent m’appelle pour prendre des nouvelles de mon résultat. Je lui dis ma déception de ne pas avoir tenu le chrono des 6H mais aussi ma joie d’avoir tout donné et de n’avoir aucun regret. D’un coup je vois Olivier arriver sous l’arche. Je raccroche en vitesse pour aller le féliciter et lui apporter mon aide si besoin. Il est super heureux, ému. On a envie de pleurer mais on se retient dignement. 7h58 pour Olivier. Super. Il visait 8h si possible. Il m’avoue avoir pensé finir en 7h30 à Plagne Bellecôte mais que la descente avait été difficile (crampes).

On finira l’aventure par un bon resto pour fêter ça le dimanche soir. Une petite mousse, une entrée, un plat, un dessert et des étirements. Rien que du bonheur de refaire la course les pieds sous la table entre amis.

Petite synthèse de cette première expérience en ultra trail :

- La course : parcours à la hauteur de sa réputation avec des passages en montée très raides et exigeants. Belle organisation et belle ambiance sur le parcours. Très beaux paysages, des sections variées. Seul petit bémol, beaucoup de remontées mécaniques croisées (d’un autre côté cela permet d’avoir un public nombreux sur la course).

- Forme physique et préparation : l’objectif que je m’étais fixé était réaliste et en ligne avec l’idée que j’avais de ma forme physique. Le travail long réalisé a été bon. C’était un gros point d’interrogation pour moi car je n’avais jamais fait de marathon ou d’ultra.

- Le gros problème que je vais devoir résoudre consiste à comprendre pourquoi les crampes sont arrivées si vite. J’avais déjà connu une pareille mésaventure sur des fins de raids longs mais à une moindre échelle et beaucoup plus tard dans l’effort. Ces crampes surviennent sur la face interne des cuisses (vastes internes ?). Je ne pense pas avoir commis d’erreur d’hydradation (j’ai bu 3L d’eau minimum par jour la semaine précédent la course et quasiment 4L en course de boisson isotonique). J’ai mangé régulièrement toutes les heures.

En parlant après la course avec des coureurs, j’ai entendu parler de diverses possibilités. Avez-vous des des conseils :

- sportéine : à quoi ça sert et est-ce utile ?
- cure 15j avant la course d’anti-oxydant. De quoi s’agit il ? Est-ce neutre pour l’organisme et cela nécessite-t-il une prescription médicale ?
- plus d’entrainement en D+ tout simplement
- un départ plus cool et une montée en régime plus progressive
- …

On va maintenant repartir pour du plus court avec le semi de Lyon. Il sera ensuite temps de préparer la SaintéLyon.

2007-07-12 00:04:13 : Préparation 6000D 2007 - 11 photos - 8 réactions

Après un début d’année passé sur le bitume, me voilà lancé pour un défi de taille : participer à mon premier véritable trail long ou ultra. Mon défi de milieu d’année 2007 a pour nom « La 6000D ». Il s’agit d’un grand classique du trail de montagne français à La Plagne composé de 55km, 3000m +et 3000m -. La 6000D est prévue cette année le dimanche 29 juillet.

J’ai déjà fait des raids avec des efforts de 5/6H en mêlant course/VTT/Run & Bike/ Canöé mais je n’ai aucune expérience sur ce genre de distance à pied. Les sorties longues et le dénivelé sont donc des composantes à intégrer rapidement à mon entrainement si je veux avoir une chance de finir.

Voici quelques étapes intégrées depuis avril à ma préparation. Je vous passe les sorties longues hebdomadaires, les séances d’escaliers à la Croix Rousse (et oui pas évident de préparer une course de montagne en ville ;-). Voici quelques extraits de ma préparation.


27 mai 2007 - Lac des sapins avec Olivier

Ayant toujours préféré les défis d’équipe, j’ai réussi à convaincre Olivier (ami de Paris) de faire partie de l’aventure 6000D. Je n’ai pas eu beaucoup à insister. Olivier habite Paris et a comme terrain de jeu favori le parc de St Cloud, les forêts de Meudon et de Marly. Il a décidé de venir me rendre une petite visite sur Lyon ce WE avec sa femme afin de découvrir Lyon et de faire une grosse sortie ensemble.

Nous voilà donc partis pour le Lac des Sapins en ce dimanche matin pluvieux. Nous avons préparé soigneusement notre itinéraire sur carte IGN car c’est la première fois que je vais dans ce coin. Départ de la maison à 6H. Arrivée sur les lieux vers 7H. Camel Bag dans le dos nous partons pour une ballade d’une trentaine de km avec à peu près 1000m+.

Notre ballade durera environ 3H. Notre préparation soigneuse de l’itinéraire ne nous a pas empêché de nous perdre. On a également pu tester ce que cela faisait de courir plus de 15 km avec des chaussures complètement trempées. Cela servira peut être si nous avons la désagréable surprise d’avoir pas mal de neige lors de la course fin juillet.

Quelques photos de notre périple ci-dessous. Merci Olivier. Je suis nostalgique de nos sorties le WE quand je vivais encore avec la petite famille sur Paris. Quand est-ce que tu déménages ?


17 juin 2007 - Montée du Crêt d’Eau
http://courses.free.fr/sorgia/index.php

Les sorties longues c’est bien mais ce n’est pas suffisant pour espérer avaler correctement un profil aussi exigeant que celui proposé fin juillet à La Plagne. En bon Haut Savoyard retranché sur Lyon que je suis, je sais que seules de véritables montées/descentes sur des durées prolongées me permettront de préparer sérieusement la 6000D. J’ai intégré autant que faire se peut du travail en dénivelé depuis mai. Pas facile en habitant en ville. Ce WE le programme est donc de participer à une course de montagne pas trop loin avec mon père et Sébastien (un pote de mon club). La course s’appelle La Montée du Crêt d’Eau (14km, 1330m+/570m-). Le parcours est celui du championnat de France 2002 des courses de montagne. Ce parcours est court en terme de distance mais très exigeant (les 1330m + se montent sur les 10 premiers km).

Je croise Patrick (un ami de mon père) avant le départ qui est un habitué et qui a de belles références sur ce genre de courses. Il m’a mis 7 mn au cross du Mont Blanc l’année dernière (2h14 vs 2h21). Je sais que j’ai bien progressé depuis mais je ne sais pas si je suis capable de le suivre. Il me dit avoir fait 1h44 l’année dernière pour boucler le parcours. Ce temps me semble long. Il a en effet perdu 2 ou 3 mn en se trompant de chemin dans la descente mais il me confirme que la montée atteint parfois des pourcentages importants et que nombreuses sont les sections où il n’est pas possible (pour le commun des mortels) de courir. Je décide donc de partir sur un ryhtme légèrement inférieur en intensité à un semi. En effet, il est fort probable que la course dure autour d’1h45 pour moi.

Pan. Le départ est donné. Autour de 130 coureurs sont au départ. Je me retrouve assez rapidement autour de la 20ème place. Je profite du bitume car je sais que celui-ci va disparaître très tôt pour laisser la place aux premières rampes. Elles arrivent les bougres. Le pourcentage se fait fort. Je décide de marcher « en mode trail » (mains sur les cuisses) et d’allonger le pas dès que la pente se fait trop forte et que le « mode course » devient trop consommateur. Le souffle est bon, les jambes sont un peu dures des travaux réalisés sur la terrasse la veille mais tout va bien. Patrick est légèrement derrière moi. Cela m’inquiète un peu. Je me demande si je ne suis pas parti un peu vite connaissant son niveau.

20 mn de course. C’est le yoyo. Je gagne une ou deux places lorsque la pente s’accentue et les perd quand le terrain se fait plus plat. Je réussis néanmoins à lâcher un petit groupe au bout de 30 mn de course. J’ai deux gars devant moi en point de mire. Ils m’impressionnent. Ils courent depuis le début en montée alors que j’y vais d’une marche énergique. Je me dis que je suis incapable de faire comme eux et de courir pendant près de 40 mn avec des montées si violentes. Je gagne pourtant peu à peu du terrain sur eux. En les doublant, je les entends ventiler dur. Je mets un coup avec en ligne mire le sommet du Crêt de la Goutte. J’ai un autre groupe de 4 coureurs qui est réparti sur les 300m devant moi. Je m’accroche et passe au sommet en un peu plus d’1h20 (de mémoire). Le PC en haut me dit « Allez 13 ème ». Ca me donne la pêche.

Je prends une barre en début de descente. Je pense à bien ventiler car je sais que la transition montée/descente est trompeuse (le corps se relâche, on pense moins naturellement à ventiler et les points de côté peuvent arriver). Une fois la barre avalée, j’accélère mon rythme dans la descente. J’allonge la foulée, je prends quelques risques. Je passe un premier groupe de 2 concurrents. J’ai en ligne de mire 2 autres participants dont 1 V2H dont je n’ai vu que le short de loin en montée (j’espère pouvoir monter à son rythme à son âge. Chapeau bas Monsieur !).

Finalement j’arriverai à rejoindre ce groupe et à faire un petit écart. Je finis en 1h37mn54s. 9ème au scratch. Je suis content de ma course. J’ai tenu un rythme soutenu et régulier en reprenant du monde pendant toute la course. Patrick finira en 1h39mn00s. Cela me confirme ma bonne progression depuis un an. Patrick me confie à la fin de la course qu’il a déjà fait la 6000D il y a quelques années. Il avait fait 6h01mn avec un niveau de forme à peu près similaire. Mon défi n’est peut être pas si fou… quoiqu’il faut voir ce que cela va donner sur un parcours beaucoup plus long.

Sébastien a fait la course tranquille car il avait les jambes en vrac. C'est toujours un bon entrainement pour lui qui prépare l'UTMB. Mon père finira en 2h30 tranquille en faisantla descente en marchant. Mon cousin Patrice finit en 2H. Toute la famille est contente. Que demander de plus.

Je reviendrai faire quelques sorties plus longues sur le même genre de profil avant fin juillet. Si seulement je pouvais avoir ces belles montagnes à coté de chez moi… ça serait plus facile. Allez plus qu’un moi et demi avant La Plagne.

24 juin 2007 - Foulées des thermes
http://ouest.essonne.athle.free.fr/OEA/thermes/thermes.htm

Nous montons avec ma femme et mon fils sur Paris ce WE. Vincent (ami avec lequel j’ai commencé les raids) a repéré une course pas trop loin de Paris à Forges Les Bains (91). C’est un bon entrainement pour moi (24 km, beaucoup de chemins et de forêt, un parcours vallonné). Olivier a décidé d’y participer également. Arrivés sur place, l’ambiance est très conviviale. Il s’agit de la première édition. Nous sommes environ 40 à participer aux 24 km (un 10 km a également lieu).

Départ à 09H30. Je suis dans le groupe de tête. Le 10 et le 24 km partant en même temps et le parcours étant commun je ne sais pas si les concurrents autour de moi courent la même course. Il est quand même possible de distinguer les participants aux deux courses au dossard. Je me rends finalement compte au bout d’1km que je suis deuxième pas loin derrière le premier. Je ne m’enflamme pas car c’est bien la première fois de ma vie que je suis à cette place. Je décide de faire ma course. On verra bien la place ensuite. L’homme de tête me prend quelques dizaines de mètres sur les 5 premiers km. Je l’ai en point de mire. Il a désormais 150 m d’avance sur moi. L’écart se stabilise. Je regagne même un peu de terrain entre le 7ème et le 10ème. Je passe en 42mn xx s aux 10km. Je me retourne et constate que j’ai deux poursuivants à 200/300m derrière moi. Je décide de m’accrocher et d’essayer au moins de tenir cette place de second. Je réduit petit à petit l’écart avec l’homme de tête et finis par le rejoindre autour du 18ème. Nous ne voyons plus nos poursuivants derrière. Nous échangeons quelques mots. Il me dit qu’il est en préparation pour du long et qu’il fait cette course en guise de préparation. Je tiens quelques instants la discussion mais j’ai visiblement plus de mal que lui... Il me propose de finir ensemble. Je le sens plus frais. De plus il a fait toute la course devant. Je lui dis que s’il peut accélérer le rythme ce n’est pas mon cas. Il accélère progressivement. Je ne peux pas suivre. Je finirai à 42 s de lui à la seconde place.

1h39mn22s pour 23,5km et 315m+ (selon le GPS de l’organisateur). Merci à l’Ouest Essonne Athlétisme de m’avoir offert mon seul et unique podium de ma carrière de coureur amateur ;-) Bien sympa.

Je discuterai avec le premier après la course. Il s’agit de Jean Luc Alison. Jean Luc a de belles références : 6H03 sur la SainteLyon, 6h03 au Trail de La Vallée de Chevreuse, 09H10 aux 100km de Millau, 1H14 aux 20 km de Paris. Pas déshonorant de finir derrière toi Jean Luc. Et merci pour ta sympathie pendant la course. Peut être à l’année prochaine!!

2007-04-18 00:41:43 : 15 avril 2007 - Raid Défi Roc des 3 Croix - 3 photos - 6 réactions

Au programme ce matin un trail de 14km (400D+), 29,5 km de VTT (500D+) et 8 km de canöé pour finir. Cela fait déjà quelques mois que je n'ai pas fait de raid. J'appréhende donc un peu l'enchainement des épreuves même si je sais que ma condition physique actuelle est bonne et que nous avons déjà vaincu avec Vincent des parcours avec des profils bien plus difficles.

Notre dernier raid remonte au Raid North Face à Chamonix en Mai 2006 pour lequel nous avions fait équipe avec l'ami Thomas. Ce raid était une belle épreuve d'humilité avec 3 jours consécutifs de gros efforts, 120 km au total et plus de 6000m de dénivelé. Nous avions d'ailleurs fini avec un sentiment mitigé entre la satisfaction de s'être dépassés et d'avoir vécu de très beaux moments entres amis mais aussi la déception d'avoir participé à un raid manquant de convivialité.

Peu importe. Aujourd'hui direction Santenay (21), petit village viticole situé à proximité de Beaune. Le réveil sonne à 05h45. La nuit a été courte mais bonne. J'appelle dans la foulée Vincent qui doit être parti de Paris vers 05H30. Quant à moi, j'ai à peine 1h45 de route depuis Lyon. J'ai donc le temps de prendre un bon petit déjeuner et de charger le matériel sans me presser.

Le temps est au rendez vous. La radio annonce plus de 27°C en milieu de journée. Je suis content de faire un raid (le casque en VTT et l'eau en canöé seront de bons alliés). J'ai une pensée émue pour ceux qui s'alignent sur le marathon de Paris. Bon courage!

Arrivée à Santenay vers 08H20. L'organisation est bien en place. 113 équipes sont inscrites. Une légère brume est là mais l'on distingue aisément les coteaux et les vignes un peu plus haut. Vincent arrive une petite demie heure après moi. J'ai déjà retiré les dossards et regardé les profils des sections. Deux ravitaillements sur la section trail sont prévus avec un retour au point de départ pour partir en VTT. Nous décidons donc de laisser nos Camel bags afin de rester légers.

C'est parti. Nous sommes relativement bien placés (dans les 20 équipes de tête) et dans le rythme. La pente est pour le moment douce mais nous distinguons plus haut les cimes qui nous mèneront aux fameux Roc des 3 croix. La pente se fait d'un coup beaucoup plus forte. Plus habitué aux dénivelés, nous avons convenu avec Vincent que je ferai le rythme dès les premiers pourcentages. Vincent est juste derrière moi. Nous sommes dans un groupe de 4/5 équipes. Le rythme s'accélère. Nous décidons de ne pas suivre car la route est encore longue et l'accélaration imposée nous semble un peu brutale et ambitieuse. Nous continuons notre évolution, il est désormais préférable de marcher à vive allure (mains sur les genoux afin de nous économiser) sur les portions les plus raides. Vincent coince un peu au niveau des cuisses. Quelques équipes nous doublent. Le sommet des 3 croix arrive. Les portions à flanc et la descente devraient nous permettre de raccrocher le wagon. C'est sans compter sur la ténacité de nos adversaires. Malgré notre hausse de régime, pas grand monde à l'horizon. La montée a déjà généré de gros écarts. Pour ne rien arranger nous prenons une fausse piste et perdons environ 3mn à revenir sur le bon chemin. Arrivée au départ vélo en 27 ème position en 1h13! La tête de course est déjà loin (14 mn).

Départ en vélo. C'est assez roulant donc idéal pour Vincent qui prend la tête. Malgré l'envie, Vincent n'a pas les jambes. Les montées du trail ne sont décidément pas passées. D'habitude j'ai tendance à grimasser derrière lui quand il commence à appuyer sur les pédales le bougre ;-) Tout comme le trail, le parcours est somptueux : alternance de petits chemins, de vignes, de sentiers étroits, de passages techniques, de relances. Vincent retrouve la forme après 10 km. Quelques équipes nous ont repris entre temps. Nous ne céderons désormais plus rien jusqu'à l'arrivée. Le rendement habituel revient mais malheureusement un peu tard. Arrivée vélo : autour de la 36 ème place!

Nous nous ravitaillons rapidement et montons dans le canöé. Le parcours est sans difficulté : pas de courant, pas de rapide. Seulement de la synchro, du rythme et du mental. Nous savons que nous pouvons remonter pas mal de places sur 8km. Au total nous réussissons à remonter une petite dizaine de binômes. Nous rejoignons l'arrivée en 27 ème position.

Nous sommes très contents d'avoir fait cette course. La place est un peu décevante sachant que la forme n'était pas vraiment au RDV et que nous perdons du temps pour une erreur bête sur la section trail (la vingtième équipe finit à moins de 4 mn). C'est comme ça. Le plus important est là : de supers paysages, pas de blessure, une bonne dépense d'énergie et la joie d'avoir refait une course ensemble.

Pour des infos sur le raid : http://beaune-monnot-triathlon.onlinetri.com/index.php?page_id=3409

Je vous le conseille. Super organisation, parcours trail et vélo très beaux et techniques. Possibilité de faire un passage sur la route des vins de Bourgogne et de faire qques caves.

A+

Yann.


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